Archive for March, 2008

Counter-Statement in L’Orient le Jour, 28 March: Amine Jules Iskandar

Monday, March 31st, 2008

Alors qui est responsable du plan directeur du wadi bou jmil et du reste du centre ville?

Je me rends compte qu’au Liban, à Beyrouth plus précisément, il vous est possible de tout faire. Vous pouvez ainsi créer une société qui exproprierait tout le centre ville contre des actions dont elle définirait elle-même la quantité et la valeur. Cette même société peut par la suite raser des quartiers entiers et en démolir d’autres partiellement. Les bâtiments restants sont alors déclarés « classés » ou « à préserver » et ainsi de suite… Plus tard, vous pouvez encore revendre ces derniers édifices à une entreprise jouissant du droit de démolir tout ce qui reste. Et là, si votre société est pointée du doigt par un article de journal, il vous suffirait de répondre : ce ne sont pas mes bulldozers, mais ceux de l’entreprise qui a racheter le terrain. En bref : je n’y suis pour rien. Sans oublier que votre société demeure responsable du plan directeur du centre ville, y compris les terrains revendus.

Mais la chose ne s’arrête pas là. On nous promet même de construire les nouveaux bâtiments à l’image des anciens démolis. Nous aurons ainsi droit, dans le Wadi Bou Jmil, à un petit Disney Land comme celui du Saifi Village. Ainsi la triple baie libanaise haute de ses 6 mètres, se verra traversée en son milieu, par une dalle de béton séparant deux étages de 3 mètres de hauteur chacun. Rentabilité oblige. Et si la triple baie de la façade est supposée révéler un grand hall central au niveau du plan, ici cela n’a plus la moindre importance. La façade n’est plus qu’un simple décor de cinéma. Bien entendu, puisqu’on n’essaye nullement de sauver la ville mais uniquement de reproduire son image. La subtilité du tissu urbain traditionnel, ses passages, ses impasses, ses escaliers extérieurs, ses galeries ajourées… tout cela n’a plus le moindre sens, plus de raison d’être, puisque les habitants eux-mêmes seront remplacés par d’autres n’ayant nullement le même comportement socio-urbain. Le Wadi, comme le Sayfi village, perdent leur âme pour devenir un étalage de placage de façades.

Bientôt, il ne restera que le quartier Foch-Allenby, où certains propriétaires durent racheter leurs droits à la société qui les avait expropriés, et purent ensuite restaurer leurs biens. Mais là encore, bien que de grande qualité certes, il ne s’agit que d’architecture néo-haussmannienne et néo-ottomane. La véritable architecture des libanais, se trouvait dans les quartiers bien moins prestigieux, du Saifi et du Wadi. Sa modestie, son humilité et son authenticité ne purent être appréciées par nos grands urbanistes. Et bien sûr, personne ne se sent responsable, puisque les uns exproprient pour revendre, les autres délivrent les autorisations de démolir, et ce ne sont que d’autres encore qui envoient leurs bulldozers pour exécuter. On ne peut le nier : l’organisation est excellente.

Amine-Jules Iskandar
Architecte DPLG

Then Who is Responsible for the Master Plan of Wadi Abu Jmil and the Rest of Downtown?

I realize that in Lebanon, Beirut specifically, it is possible to do everything. You can create a society that expropriate any downtown for shares which it defines itself quantity and value. That same company may subsequently razed entire neighbourhoods and others partially demolished. The remaining buildings were declared “ordered” or “preserve” and so on… Later, you can still sell these buildings to a company with the right to demolish all that remains. And then, if your company is pointing the finger by a newspaper article, it will suffice to say it is not my bulldozers, but those of the company that bought the land. In short: I am there for nothing. Not to mention that your company remains responsible for the master plan of the city centre, including the land sold.

But it does not stop there. We even promised to construct new buildings to the image of former demolished. Then we will have the right, in the Wadi Bou Jmil, a small Disney Land like Saifi Village. Thus, the Lebanese high bay triple its 6 meters, will be crossed in the middle, with a concrete slab separating two floors of 3 metres in height each. Profitability oblige. And if the triple bay of the facade is supposed to reveal a large central hall at the plan, here it is no longer the slightest importance. The facade is more than just a movie scene. Of course, as does any way to save the city but only to reproduce its image. The subtlety of traditional urban fabric, its passage, its impasses, outside staircases, galleries ajourées… it no longer makes any sense, longer necessary, since the residents themselves will be replaced by others did not commit the same socio-urban. The Wadi, as Sayfi village, lose their souls to become a shoplifting veneer facade.

Soon, there will be that the district Foch-Allenby, where some owners had their rights to buy the company that had expropriated, and could then restore their property. But again, although admittedly high quality, it is only architecture Haussmannian and neo-neo-Ottoman. The true architecture of Lebanon, was in the less prestigious neighborhoods, Saifi and Wadi. His modesty, his humility and authenticity could not be appreciated by our major urban planners. And of course, nobody feels responsible, since some expropriate for resale, others are issuing permits to demolish, and they are still others who send their bulldozers to execute. We can not deny it: The organization is excellent.

Amine-Jules Iskandar
Architect DPLG

Statement from SOLIDERE

Tuesday, March 25th, 2008

Le patrimoine architectural du centre-ville : précisions de Solidere

En réponse à l’article de l’architecte Amine Jules Iskandar paru dans notre édition du 19 mars concernant « Les derniers témoins du patrimoine architectural », nous avons reçu de la société Solidere les précisions suivantes :

« – La société Solidere a toujours œuvré pour la préservation du patrimoine de Beyrouth ; en témoignent les nombreux bâtiments anciens qui ont été préservés et restaurés dans le centre-ville. Ceci s’applique également aux trois bâtiments mentionnés dans l’article en question et au lieu de culte de la communauté israélite à Wadi Abou Jmil qui fait partie des édifices religieux préservés et qui sera restauré par la communauté, laquelle pourra le confirmer, à l’instar des autres édifices religieux du centre-ville restaurés par leurs communautés respectives ;

– concernant les trois bâtiments dudit article, Solidere tient à préciser que conformément aux dispositions de l’article (5) du document intitulé « Conditions générales et particulières du centre-ville commercial de Beyrouth », approuvé par le décret n° 5714 en date du 19/06/2001, ces bâtiments sont considérés comme des bâtiments préservés et non classés et seul le Conseil supérieur de l’urbanisme (CSU) est autorisé à accorder au propriétaire le droit de les démolir. Sollicitée pour avis, Solidere a exigé de préserver l’ancien cachet de ces bâtiments en cas de démolition. Aussi le CSU a accordé au propriétaire le permis de les démolir à condition de reconstruire leurs façades externes selon l’ancien cachet. Par conséquent, et contrairement à toute allégation à cet égard, ce ne sont pas les bulldozers de Solidere qui ont démoli ces bâtiments dont le bien-fonds a été d’ailleurs vendu depuis le 21/12/2000 et n’appartient plus à la société. »

The architectural heritage of downtown: clarification of Solidere

In response to the article by the architect Jules Amine Iskandar appeared in our edition of March 19 on “The last witness of architectural heritage”, we received from the company Solidere the following clarifications:

“- The company Solidere has always worked for the preservation of the heritage of Beirut; proven by the many old buildings that have been preserved and restored in the city centre. This also applies to the three buildings mentioned in the article in question and the place of worship for the Jewish community in Wadi Abu Jmil which is part of the religious buildings to be preserved and restored by the community, which can confirm, just ‘like other religious buildings in downtown restored by their respective communities;

— On the three buildings mentioned in that article, Solidere pointed out that in accordance with the provisions of Article (5) of the document entitled “General and special conditions of downtown commercial Beirut” approved by Decree No. 5714 dated 19/06/2001, these buildings are regarded as buildings preserved and unclassified and only the Supreme Council of Planning (CSU) has the authority to grant the owner the right to demolish it. Approached for an opinion, Solidere has demanded to preserve the old style of these buildings in the event of demolition. Accordingly, the CSU has granted the permit to the owner to demolish provided they rebuild their external facades according to the former cachet. Consequently, and contrary to any allegation in this regard, it is not the bulldozers of Solidere who demolished these buildings whose land has been sold elsewhere since 21/12/2000 and no longer belongs to the community. “

RIP

Monday, March 24th, 2008

before-2.jpgeventrement-du-2eme-batiment.jpgphoto024.jpgrasage-du-rdc.jpgOne building between destruction and the Synagogue

Exclusive: Letter from Architect who first exposed the March 19 events

Friday, March 21st, 2008

Souvenez-vous du massacre de Cana !

Durant les jours qui suivirent, les journalistes accoururent vers le Sud pour se rendre compte de l’ampleur du désastre.

Aussitôt, Beyrouth débarrassée de ces encombrants journalistes, la société Solidere précipita ses bulldozers sur le Wédé-Bou-Jmil afin de raser une dizaine de bâtiments classés. Samir Kassir et son équipe ne purent plus que déplorer la disparition de ces magnifiques témoignages du patrimoine architectural Beyrouthin. A leur retour du Sud, il n’y avait plus rien à faire. Seuls, trois édifices accolés à la Synagogue échappèrent aux ravage.

Aujourd’hui que nos concitoyens sont déprimés par la situation politico-économique du pays, et que notre presse est toute entière préoccupée par l’effondrement des institutions, les sournois bulldozers reprennent discrètement leur besogne. Voici que les trois derniers immeubles du Wédé sont martelés, éventrés puis rasés.

Depuis des années, le promeneur qui passait devant, pouvait y lire un écriteau signé Solidere et menaçant d’arrestation quiconque toucherait à un seul élément de ces édifices classés. Aujourd’hui, il vous est surtout interdit de vous aventurer dans le coin avec un appareil photo. Cela explique la mauvaise résolution de nos photos prises avec un téléphone portable. Nous avons dû également, avec beaucoup de risques, prendre des photos par l’arrière, des images qui ne montrent rien de la majesté des façades principales sur rue.

Nous assistons, encore une fois, impuissants, à la disparition de notre patrimoine architectural, culturel et identitaire. Ces édifices représentent aussi les derniers témoignages d’une époque qui fut l’âge d’or de la communauté israélite beyrouthine. Ils parlent de symbole et de message, celui de sa sainteté le pape Jean-Paul II, que nos dirigeant aiment si souvent cité et répéter machinalement. Mais il s’agissait là d’un message de tolérance, d’ouverture et de diversité religieuse et culturelle. Ce message fut une réalité à l’époque ou Beyrouth accueillait les juifs et tout autre opprimé du monde arabe. Nos trois derniers immeubles tombent aujourd’hui entraînant ce message qui s’effondre dans leur décombres.

Amine-Jules Iskandar
Architecte DPLG

English translation, click comment below

Exclusive Video of Today’s Events

Wednesday, March 19th, 2008

Breaking News: Solidere continues to quietly destroy Lebanon’s cultural heritage, 3 buildings destroyed today surrounding the Magen Avraham Synagogue

Wednesday, March 19th, 2008


March 19, 2008: Les derniers témoins du patrimoine architectural beyrouthin tombent sous les bulldozers de Solidere

Amine-Jules ISKANDAR, Architecte DPLG

À Wadi Abou Jmil, trois immeubles, pourtant classés, n’ont pas pu résister aux bulldozers de Solidere. Aujourd’hui, à la place des trois bâtiments, joyaux du patrimoine architectural beyrouthin, il ne reste plus qu’un amas de pierres.

Dans une lettre envoyée à L’Orient-Le Jour et que nous reproduisons ci-dessous, Amine-Jules Iskandar, architecte, s’élève contre cette atteinte à la mémoire du Liban :
« Souvenez-vous du massacre de Cana. Durant les jours qui avaient suivi, les journalistes s’étaient presque tous rendus au sud du pays pour se rendre compte de l’ampleur du
désastre.

Au même moment, profitant du choc dans le pays et du fait que toute l’attention était portée sur Cana, la société Solidere avait précipité ses bulldozers sur Wadi Abou Jmil afin de raser une dizaine de bâtiments classés. Samir Kassir et son équipe n’ont pu à l’époque que déplorer la disparition de ces magnifiques témoignages du patrimoine architectural beyrouthin. À leur retour du Liban-Sud, il n’y avait plus rien à faire. Seuls trois édifices accolés à la synagogue avaient échappé au ravage.

Aujourd’hui, alors que les Libanais sont pris par la crise politico-économique, et que la presse est tout entière braquée sur l’effondrement des institutions, les bulldozers ont repris discrètement leur besogne. Les trois derniers anciens immeubles de Wadi sont éventrés puis rasés. Il n’en reste plus qu’un amas de pierres.

Depuis des années pourtant, le promeneur pouvait voir bien en évidence, sur la façade de chacun d’eux, un écriteau signé Solidere et menaçant d’arrestation quiconque toucherait à un seul élément de ces édifices classés. Aujourd’hui, il vous est surtout interdit de vous aventurer dans le coin avec un appareil photo. Cela explique la mauvaise résolution des photos prises avec un téléphone portable.

Nous assistons, encore une fois impuissants, à la disparition de notre patrimoine architectural, culturel et identitaire. Ces édifices représentaient le dernier témoignage d’une époque qui fut l’âge d’or de la communauté israélite beyrouthine. »

March 19, 2008: The last vestiges of architectural heritage beyrouthin fall under the bulldozers of Solidere
Amine-Jules ISKANDAR, Architecte DPLG

At Wadi Abu Jmil, three buildings, however classified, could not resist the bulldozers of Solidere. Today, instead of the three buildings, jewels of the architectural heritage beyrouthin, there is now a heap of stones.

In a letter to L’Orient-Le Jour, and that we reprint below, Jules-Amine Iskandar, an architect, objected to this attack on the memory of Lebanon:
“Remember the Qana massacre. During the days that followed, journalists had visited almost all south of the country to realize the magnitude of
Disaster.

At the same time, enjoying the shock in the country and the fact that all the attention was focused on Qana, the company Solidere had precipitated its bulldozers at Wadi Abu Jmil to shave a dozen buildings. Samir Kassir and his team were unable at the time that lament the loss of these evocative of the architectural heritage beyrouthin. Upon returning from southern Lebanon, there was nothing left to do. Only three buildings in multiples to the synagogue had escaped the ravages.

Today, as the Lebanese are taken by the politico-economic crisis, and that the press is entirely focused on the collapse of institutions, the bulldozers have quietly resumed their work. The last three older buildings are ruptured Wadi then razed. Still, it is more than a heap of stones.

For years, however, the walker could see clearly visible on the front of each of them, a notice signed Solidere and threatening to arrest anyone would affect only one element of these buildings classified. Today, it is especially forbidden to venturing into the corner with a camera. This explains the bad resolution photos taken with a mobile phone.

We are witnessing, once again powerless, the disappearance of our architectural heritage, culture and identity. These buildings represented the last testimony of an era, which was the golden age of the Jewish community beyrouthine. “

Solidere

The Lebanese Company for the Development and Reconstruction of Beirut Central District, s.a.l.

Building 149 Saad Zaghoul Street, Beirut 2012 7305, Lebanon

P.O. Box 119493 Beirut, Lebanon

Tel. (01) 980650 - 980660
Fax (01) 980661 - 980662

e-maIl: solidere@solidere.com.lb

Honoring legendary Arab Jewish Actress, Laila Mourad

Wednesday, March 5th, 2008

Laila Mourad was a legendary Egyptian actress, she was born in Al Daher, Cairo in February 1917 to a Jewish Iraqi father, Ibrahim Zaki Mordachi, a famous religious cantor, singer and musician in the twenties, and to a Jewish Polish mother, Gamilah “Salmon” who gave birth to Mourad, Ibrahim, Malak, Mounir and Samihah. Her brother Mounir Mourad was an Egyptian actor and composer.

Egyptian Jewish composer Dawoud Housni, who composed the first Operetta in the Arabic language, helped her start her career by composing two songs: “hairana Leh Bein El Eloub” (Why can’t you choose from among lovers), and “Hoa el dala’a ya’ani khessam” (Does dalliance mean avoiding me?). Further success came when the prominent Egyptian composer Mohammed Abdel Wahab heard her singing and gave her a role in his film Yahia el Hob (Viva Love!) in 1938. In 1953, she was even selected, over Umm Khulthum, as the official singer of the Egyptian revolution.

Once fully entrenched in Egyptian society, with numerous contributions to their culture and the greater Arab culture, Jews are now a very small minority in the country. Though the Jewish experience suffered a major setback as a result of the Arab-Israeli conflict in Egypt, Lebanon was the only country with an increase, rather than a decrease, in its Jewish population after 1948.

A tribute to what once was, and what shall be again…

Previous article on the Egyptian Jewish Community, click here